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Démarrer la saison de parachutisme en sécurité

Par André Lemaire, 2003

Pour ceux qui n’ont pas pu aller sauter dans le Sud cet hiver, voici venu le temps de préparer son équipement et de se préparer soi-même à la saison de parachutisme 2003 qui va débuter. N’attendez pas la dernière minute pour être prêt car votre gréeur pourrait être très occupé. C’est la même chose pour ce qui est de la préparation personnelle.

Mais d’abord parlons de l’équipement :

Votre réserve aurait dû être ouverte et les plis complètement défaits pour les 4-5 mois d’hiver où le système de parachute n’était pas utilisé (si ce n’est pas le cas, faites-le le plus vite possible). Aussi le tout aurait dû être entreposé dans des conditions adéquates, c’est-à-dire :

Dans un endroit à la température d’environ 18-20 degrés Celcius, à l’abri de la lumière surtout fluorescente et au sec (exemple : sous-sol chauffé normalement)

Votre réserve doit être inspectée, testée (30 lbs x 3 secondes x 3 endroits en tout, sur la surface supérieure, à droite, à gauche et au centre à plus de 3 pouces des coutures et dans le sens de la corde avant-arrière) et repliée par un gréeur et scellée avec la carte qui l’accompagne dûment remplie. Cela est valide pour 6 mois. Si vous allez aux USA, c’est correct aussi mais si vous prêtez votre équipement à un américain, pour lui c’est 4 mois pour la validité.

Votre sac-harnais devrait être aussi inspecté par le gréeur qui replie votre réserve, mais vous pouvez aussi y jeter un coup d’œil. Vérifiez les coutures, assouplissez les attaches des 3 anneaux, regardez si aucune plaque de plastique placée sous le tissu pour le raidir, n’est pas cassée, observez avec soin les œillets du sac de déploiement et ceux du conteneur principal y compris celui de la boucle de fermeture qui est soumis à rude épreuve lors de la fermeture du sac dorsal. Si vous pouvez glisser un ongle en dessous de ces œillets, une ligne SPECTRA peut aussi s’y glisser avec les conséquences les plus graves.

Vérifiez les batteries de votre altimètre sonore, vérifiez votre DAA en le testant.

Maintenant parlons un peu de votre préparation personnelle :

Si vous avez un nouvel équipement :

Lisez les manuels fournis avec grande attention.

Placez l’équipement sur votre dos et répétez les manœuvres à faire lors du déclenchement. Attention, une poignée située à quelques pouces de différence par rapport à votre ancien équipement peut vous donner de gros problèmes au déclenchement. Pratiquez-vous.

Testez vos procédures de libération de voilure (de préférences sur un harnais suspendu) , le prochain saut sera peut-être une malfonction, êtes-vous prêts?

Revoyez vos procédures de chute libre, de séparation horizontale, d’urgence dans l’avion, d’approche à l’atterrissage si le vent est fort etc.

Nous pratiquons un sport technique et nous devons connaître les techniques de notre sport et nous y exercer comme les alpinistes et les marins sur voiliers en haute mer.

Un bon début est d’assister à la réunion de sécurité que tout centre de parachutisme devrait tenir au début de chaque saison. On peut aussi se réunir à plusieurs et pratiquer ou revoir tout ce que j’ai mentionné. Un instructeur peut aussi vous assister lors de la révision de toutes ces procédures.

Bonne saison et bons sauts en 2003.

 

Points à l’ordre pour la présentation de « contrôle sous voilure »

Avant l’embarquement, un « jump master » devrait être nommé et cela sur chaque envolée (ce pourrait être le plus expérimenté ou un volontaire compétent et désigné par le manifeste lors de l’organisation des envolées)

Son rôle serait d’ètre responsable de l’inspection des équipements, de l’ordre de sortie , de donner les instructions au pilote et de vérifier le point de sortie.

Si la sortie s’est faite trop loin et que le vent est favorable, se placer dans la direction de l’aire d’atterrissage et appliquer les freins aux 3/4. Cela fera « flotter » le parachute, vous irez moins vite mais surtout vous descenderez moins vite et aurez plus de chance ainsi de revenir à l’endroit prévu. Pour faciliter l’opération et ne pas vous fatiguer, bloquer vos « toggles » sur vos hanches . Certains , dès l’ouveture, avec les élévateurs se tournent vers l’aire d’atterrissage sans enlever les freins et restent ainsi pendant plusieurs minutes . Essayez, vous n’en reviendrez pas de la distance que vous pouvez parcourir de cette façon. N’essayez pas de revenir à tout prix, à 1000 pieds prenez une décision, continuez ou faites face au vent et choisissez votre terrain.

Si le vent est vraiment très fort et le point de sortie pas trop mal , aussitôt ouvert et stabilisé, revenez sur la ligne de vent ( ligne entre le bon point de sortie et la cible) et tournez-vous face au vent le plus vite possible. Vous avez probablement déjà trop dérivé à cause du vent fort et votre point d’ouveture est déjà trop proche de la cible. Ne tournez plus le dos au vent car si vous le faites, vous additionnez les vitesses du vent et celle du parachute et vous revenez trop vite à la cible en risquant de la dépasser. Faites plutôt des glissades à 45 degrés par rapport au vent en lui faisant partiellement face , à droite d’abord par exemple et ensuite à gauche pour faire des « S » à reculons centrés sur la ligne de vent. Arrivé au-dessus de la cible, restez face au vent à la vitesse maximum (toggles en haut) et ajustez selon le cas. Quand le vent est très fort, ce n’est pas le moment idéal pour faires des spirales avec le parachute car ces 360 degrés sont en réalité des ovales très allongés qui peuvent vite vous transporter plus loin que la cible d’où vous ne pourrez pas revenir. Dans un cas pareil, allez avec le vent très fort vous donne l’illusion de très bonnes performances de votre parachute mais aussitôt que vous faites face au vent, surprise ! , vous restez sur place et même vous pouvez reculer. Tant pis s’il y a des arbres ou des obtacles en dessous de vous. Il est trop tard.

Beaucoup de sauteurs aiment faire des spirales sous voilure. En réalité, vous faites une hélice comme un tire-bouchon. Donc en pleine spirale, vous avez changé d’altitude et cela très rapidement. Un autre sauteur pourrait se trouver sur la trajectoire de votre spirale et plus vite qu’on ne le pense. Donc avant de faire des spirales, regardez le trafic en–dessous et en arrière de vous. Si vous sautez à plusieurs redoublez de prudence quand vous faites des spirales. Sur un gros porteur (Twin Otter etc) on devrait s’asbstenir d’en faire. N’oubliez pas de faire votre descente avec un circuit à gauche comme les pilotes (sauf avis contraire). De cette façon, tout le monde tourne à gauche (en gardant la cible sur sa droite) pour la base et la phase finale.

Si beaucoup de sauteurs arrivent presqu’en même temps à la cible et si vous êtes un peu plus haut qu’eux mais peut-être plus rapide, à ce moment, je vous recommande de mettre les freins aux hanches et d’attendre et de laisser flotter votre parachute. Il descend moins rapidement et avance plus lentement aussi donc cela donne la chance aux autres en avant et plus bas que vous d’atterrir, et alors vous pouvez y aller. C’est trop bête d’avoir sauté à 12000 pieds et de rentrer en collision avec un autre parachute à 30 pieds du sol.

Encore une fois, si le vent est assez fort, évitez d’atterrir en aval des obstacles (petit bois, bâtiment, hangar, colline…) ces derniers génèrent des courants descendants (eddies, rouleaux, turbulence…) pouvant se prolonger assez loin de l’obstacle. Ces courants d’air invisibles, peuvent vous rabattre au sol en quelques secondes d’une hauteur d’un immeuble de 10 étages. Ces courants vont changer aussi l’angle d’attaque de votre parachute qui, s’il est positif et dans les limites , garantit la pressurisation du parachute. Les turbulences entre autre générées par les obstacles peuvent rendre votre angle d’attaque négatif et dès lors , la pression de vos cellules vous abandonne et ce n’est pas beau à voir. Sauteriez-vous du balcon du 10 ème étage ? (voir schéma en pièce jointe)

 

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